Connu dans le monde entier pour ses sérigraphies et ses portraits de célébrités, Andy Warhol a également développé, entre 1963 et le début des années 1970, une œuvre cinématographique majeure qui a profondément renouvelé les formes du cinéma expérimental. Cette conférence propose de parcourir les principales étapes de cette aventure artistique en suivant l’évolution de son rapport à l’image et au temps.

Nous découvrirons d’abord les films de durée tels que Sleep et Empire, où Warhol réduit l’action à son minimum afin de transformer l’écran en espace de contemplation. Nous nous intéresserons ensuite aux Screen Tests, portraits filmés qui interrogent la présence, le regard et la fabrication de la célébrité. La conférence abordera également les films réalisés au sein de la Factory, laboratoire de création où se mêlent performance et expérimentation collective comme dans Chelsea Girls, avant d’examiner le retour progressif vers des formes plus narratives à la fin des années 1960.

À travers de nombreux extraits, nous verrons comment Warhol déplace les frontières entre photographie, cinéma, art contemporain et culture populaire, faisant de l’écran non plus seulement un support de représentation, mais un véritable lieu d’expérience pour les acteurs comme pour les spectateurs. Enfin, nous mettrons en lumière les échos et prolongements qui relient le cinéma de Warhol à l’œuvre d’autres cinéastes : Michelangelo Antonioni, dont certaines préoccupations esthétiques entrent en résonance avec les siennes, mais aussi John Waters, Todd Haynes et Julian Schnabel, qui en réinvestissent certaines problématiques. 

Par Benjamin Léon, maitre de conférence à l’université de Rennes 2